Partager l'article ! Présentation de la chartreuse du Mont-Sainte-Marie: C’est en 1329, que débute la construction de la Chartreuse du Mont-Sainte- ...
C’est en 1329, que débute la construction de la Chartreuse du
Mont-Sainte-Marie dans le village de Gosnay. Normalement, l’implantation de ce couvent destiné aux moniales aurait dû être interdit. En effet, dans le même village prospérait
déjà une chartreuse d’hommes : le Val-Saint-Esprit. C’est Thierry d’Hireçon qui obtint alors ce privilège du pape de construire ces
deux couvents.
La chartreuse du Mont-Sainte-Marie est un site d’une richesse historique pour trois raisons principales.
La première raison réside dans le fait que les fondations de chartreuses de femmes n’ont été que peu concédées par l’ordre cartusien.
Ensuite, le Mont-Sainte-Marie reste l’une des rares chartreuses dont on puisse étudier l’histoire, du Moyen Age à la Révolution française.
A cela s’ajoute la cohabitation dans un même village de deux chartreuses, ce qui s’avère être un cas unique au monde.
En plus de ces trois raisons, les découvertes archéologiques ne font qu’accroître depuis dix ans la valeur historique inéluctable de la chartreuse.
Les bâtiments portent en eux les traces de tout un patrimoine régional car le site
continuera à vivre après la Révolution. En effet, une riche famille de fermiers transformera les bâtiments où vivaient les moniales en « château », puis ils raseront l’église, tout en gardant les
bâtiments dédiés aux activités agricoles.
En 1899, la compagnie houillère de Bruay rachète les lieux pour y loger ses ouvriers et ainsi plusieurs générations de mineurs se succèderont.
Dans les années 1980, une société d’HLM de Calais décide d’acheter un des bâtiments, de le rénover, et d’y placer des familles calaisiennes. Malheureusement, certains descendants de familles de
mineurs et ces nouveaux venus ne parviennent pas à vivre ensemble, et c’est ainsi que la chartreuse se videra peu à peu de ses habitants.
Malgré son inscription au rôle complémentaire des monuments historiques depuis le 10 juin 1986, ce lieu a également subi des dégradations non seulement dues aux intempéries, mais aussi à des
actes de vandalisme.
En 2005 Artois Comm achète le site et tente de le remettre en valeur grâce à des évènements
tels que les fêtes de la chartreuse, et grâce au financement d’un chantier archéologique en collaboration avec l’Université d’Artois.
De nos jours, certains visiteurs sont attirés par ce lieu marginal car l’histoire se lit sur les murs (aux deux sens du terme !). Mais d’autres visiteurs viennent au Mont-Sainte-Marie pour
retrouver le lieu de leur enfance, ou pour y voir la maison de leurs aïeux. Cet ex-couvent se révèle être alors un nouveau lieu de pèlerinage.
Figure 1 Représentation de la chartreuse du Mont-Sainte-Marie au XVIIème siècle.
Figure 2 La chartreuse au début du XXème siècle. (Collection privée, reproduction interdite)
Figure 3 Le chantier archéologique (Collection privée, reproduction interdite)